Ta mâchoire se serre dès que tu penses à cette tâche. Dans ta tête, la phrase tombe : « Je suis paresseuse. » Devant toi, l’écran reste ouvert sur la même page.
Mais tu sais quoi faire. Parfois, tout est même déjà prêt.
Donc ce qui se joue là se passe plus bas que la volonté. Ton corps freine.
Vendredi, en live avec Morgane Zanga ✨ , on a regardé ce moment de près, avec un petit exercice somatique. Et j’ai avoué le mien.
Le moment où rien ne bouge
Tu connais ce moment. La tâche est devant toi, tu as le temps, tu as les compétences. Et rien ne démarre.
Alors tu te traites de paresseuse, de désorganisée, d’incapable. Pendant le live, je l’ai dit comme je le pense :
« La procrastination, c’est un état de figement. »
J’utilise le mot figement comme une piste d’observation. Un mot pour en parler, sans coller une étiquette de plus sur ce que tu vis.
Parce qu’une immobilité peut avoir plusieurs causes :
de la fatigue,
une surcharge,
des difficultés d’attention,
une tâche mal définie,
une peur de l’échec,
ou une réaction corporelle de protection.
Ici, on ne cherche pas à décider laquelle est la tienne. On regarde ce que tu remarques au moment où tu essaies d’agir.
Morgane, l’évier, et ma page à moi
Morgane a une formation de prospection, tout à fait prête. Et elle ne la lance pas.
« Et à chaque fois, je trouve autre chose à faire. Il y a toujours une excuse. »
Ça va de l’évier à nettoyer au travail pour d’autres clients. Et sa phrase la plus juste, pour moi :
« Et quand il n’y a que ça à faire, je trouve autre chose à faire. »
Moi aussi, j’ai avoué la mienne. En janvier, j’ai suivi une formation qui m’a beaucoup aidée, et j’ai décidé d’en faire un programme pour la procrastination. « J’ai tout préparé, j’ai tout fait. » Et après, je n’ai pas lancé. On est presque en novembre.
Si je m’y mets maintenant, c’est, je cite, « parce qu’il y a quelqu’un derrière moi avec un fouet ».
Ma procrastination à moi est très active. Il y a cette page-là, celle qui compte. Et je fais tous les trucs autour, à fond, et bien, pour ne pas aller là. Morgane a reconnu la même chose : des heures passées à fond sur un projet pour une cliente, avec de beaux résultats, pendant que sa formation attendait.
Est-ce que ça veut dire qu’on est paresseuses ? Non. On travaille même beaucoup. Juste à côté de la chose qui compte.
Tu ne bloques pas parce que tu ne fais rien. Tu fais tout le reste parce que quelque chose bloque.
Ce qui se passe dans le corps
Les phrases qu’on se dit dans ces moments-là, je les entends tout le temps. « Moi, je suis paresseuse. » « Je ne sers à rien. » Que je suis une ratée, que je n’arrive à rien faire.
Souvent, c’est lié à quelque chose d’interne, un blocage corporel. C’est pour ça que la respiration change. Que la mâchoire se serre. La gorge, le ventre, le dos.
Ce blocage vient d’une mémoire implicite. Quelque chose a été stocké à un moment donné, gardé, bien rangé. Il agit sans qu’on le sache, et sans qu’on comprenne pourquoi, ni d’où, ni comment.
« Mais ça nous empêche d’avancer parce que notre corps est en train de nous protéger. »
Imagine une voiture. Avec ta tête, tu appuies sur l’accélérateur. Ton corps, lui, a serré le frein à main il y a longtemps, pour te mettre à l’abri, et il a oublié de te prévenir. Plus tu appuies, plus le moteur chauffe.
Morgane l’a résumé en une ligne : « En fait, ça empêche les passages à l’action. »
Ton corps te protège.
Si tu reconnais ce frein et que tu en as assez de le regarder seule, j’accompagne quelques femmes en individuel, en visio. Ce lien ouvre mon agenda : tu choisis 30 minutes gratuites pour en parler.
La pratique du live : sentir le moment juste avant
Voici l’exercice qu’on a fait ensemble en direct. Il prend 5 minutes, et Morgane l’aime parce qu’il se fait n’importe où, sans besoin de s’isoler.
Ce qu’il te faut :
5 minutes et une chaise,
une tâche ordinaire que tu repousses, suffisamment légère pour l’observer sans te mettre en difficulté.
Note sécurité : si l’intensité augmente, si de la confusion s’installe, si tu te sens absente, paniquée ou submergée, arrête l’exercice. Regarde la pièce où tu es, nomme quelques éléments que tu vois, et reviens au contact de tes pieds avec le sol.
1. Choisir la tâche
Pense à une situation ordinaire dans laquelle tu repousses une tâche. Une seule. Pas la plus lourde de ta liste.
2. Poser le corps
Pose tes pieds au sol. Sens le contact de ton corps avec la chaise. Prends le temps de bien sentir tes appuis.
Puis regarde autour de toi, et laisse ton regard se poser sur un élément stable.
Porte ton attention sur les points de contact : les pieds, le bassin, le dos, les mains.
3. Penser à la tâche, sans la faire
Pense à la tâche choisie. Sans essayer de la faire. Juste y penser.
4. Observer ce qui change
Observe ce qui change dans ta respiration, ta mâchoire, tes épaules, ton ventre.
Et regarde ce qui se passe juste avant que tu quittes la tâche :
tu te tends,
tu t’agites,
tu te sens lourde,
tu cherches autre chose à faire,
tu ne sais plus quelle est la première étape.
Pendant le live, je l’ai formulé comme ça :
« Vous n’avez rien à corriger, c’est juste observer, juste recueillir une information. »
5. Rester, puis revenir
Si c’est confortable, continue à sentir ce qui est venu avec cette tâche, et observe si ça change pendant que ton attention reste sur la sensation.
Chez moi, c’est souvent la gorge et la mâchoire. Ça serre quand je pense à ma tâche. Et en restant avec la sensation, je sens l’intensité diminuer. Chez Morgane, c’était le dos, avec une compression au niveau des lombaires.
Pour finir, regarde autour de toi, repère quelques éléments, sens bien le contact de ton corps et tes appuis. Puis reviens à l’écran.
Version 30 secondes, devant l’écran
Quand tu sens que tu vas encore ouvrir un autre onglet :
pose tes pieds au sol,
laisse ton regard se poser sur un élément stable de la pièce,
remarque une seule zone : la mâchoire, la gorge, le ventre ou le dos.
Trente secondes. Tu n’as rien à réparer. Tu recueilles une information.
Ce qu’on ne te dit jamais
Cette observation te renseigne sur ce que tu sens. Elle ne fait pas le tri entre une fatigue, une surcharge et un état d’immobilité.
Donc si tu sens une fatigue importante, persistante ou dérangeante, consulte un professionnel de santé. Quand ça ne passe pas, va voir ton médecin traitant.
Et forcer pour avancer, ça risque de bloquer encore plus. Ici, l’idée est de commencer par reconnaître le moment où l’action se bloque. Les premières fois, ta tête voudra juger ce que tu observes. Laisse-la parler, et reviens à tes appuis.
Morgane, elle, avait découvert l’exercice au live précédent. Elle l’a refait trois ou quatre fois dans la semaine. Elle nous a dit qu’elle avait « somme toute déjà rattrapé le retard » lié à cette procrastination. Chez toi, ça prendra peut-être une autre forme, et un autre temps.
Ta mission cette semaine
Observe un seul moment où l’action se bloque. Puis note trois choses :
ce qui était demandé,
ce que tu as ressenti dans ton corps,
ce que tu as fait ensuite.
Sans chercher à te forcer à avancer. Tu commences par reconnaître le moment.
Raconte-moi en commentaire ce que ton corps a fait. Je lis chaque réponse.
Vendredi prochain, au prochain live sur la procrastination, on regardera pourquoi certaines tâches déclenchent plus de résistance que d’autres.
Et la prochaine fois que l’écran reste ouvert sur la même page, ta mâchoire te le dira peut-être avant ta tête. Tu sauras lire ce petit serrage : ton corps qui te protège, et qui attend que tu le remarques.
Pour aller plus loin avec moi
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Si tu préfères d’abord en parler, ce lien ouvre mon agenda. Tu choisis un créneau de 30 minutes en visio, gratuit, et on regarde ensemble ce que ton corps traverse : Choisir mon créneau de 30 minutes
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Merci à Morgane pour sa franchise et sa présence, et à toutes celles qui étaient là en direct.
Raquel
P.S. Cette semaine, avant d’ouvrir la page que tu repousses, pose tes pieds au sol et laisse ton regard se poser sur un objet stable. Ta tâche peut attendre trois respirations, le temps que ton corps sache que tu l’as remarqué.
Pour continuer ta lecture :
5 types de procrastination qui n’ont rien à voir avec la paresse (le premier live de la série, avec Morgane)








