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5 types de procrastination qui n'ont rien à voir avec la paresse

Immobilité, perfectionnisme, suractivité, émotion, soulagement, et un exercice corporel

Le document est ouvert. La tâche est claire, tu as le temps de la faire, et ton corps ne bouge pas. C’est de ce moment-là, celui que tout le monde connaît, que Morgane Zanga ✨ et moi sommes parties pendant notre Live pour regarder les types de procrastination qui se cachent derrière.

Parce qu’au lieu de commencer, tu regardes l’écran. Tu réponds à un message, tu ranges quelque chose, tu ouvres un autre onglet. Moi, par exemple, je fais des pages de vente. Parce que pourquoi pas.

Ça s’appelle la procrastination utile. On fait plein de choses, parfois très utiles, sauf celle qu’on avait prévu de commencer.

Et après, on culpabilise. On se dit qu’on n’est pas disciplinée, qu’on devrait être capable de mieux s’organiser, qu’on est encore en train de tout repousser.

La procrastination se lit aussi dans le corps

Je procrastine encore, beaucoup moins qu’avant. Et je ne suis pas disciplinée (enfin, très disciplinée pour certaines choses, beaucoup moins quand ça ne m’intéresse pas).

Après toutes mes formations, un jour, j’ai découvert que la procrastination n’est ni un défaut de caractère, comme on pense, ni un manque d’intelligence, ni un problème qu’on va régler avec la discipline.

Elle peut signaler que ton corps ne veut pas porter une chose en plus, qu’il anticipe une difficulté, ou qu’il essaie d’éviter une sensation trop coûteuse.

C’est une grille de lecture corporelle : regarder ce qui se passe dans ton corps au moment où tu essaies d’agir. Une tâche devient difficile à commencer quand le corps est déjà chargé, c’est-à-dire :

  • en alerte ;

  • immobilisé, sidéré ;

  • pris dans le perfectionnisme (mon cas particulier) ;

  • ou occupé à éviter une émotion anticipée.

Imagine une voiture avec le frein à main serré. Tu peux appuyer sur l’accélérateur autant que tu veux, à coups de to-do et de culpabilité : le moteur chauffe, la voiture n’avance pas. Et tout le monde accuse la conductrice.

Cette lecture ne donne pas une réponse à tout le monde. Elle ouvre une piste.

Et je pose un cadre, parce que j’y tiens : il n’y a pas de diagnostic ici. La procrastination peut avoir plusieurs causes. La fatigue, la surcharge, les difficultés d’attention, le manque de clarté, la peur de l’échec, le perfectionnisme, des conditions de travail inadaptées, les traumatismes. Si ce que tu vis t’inquiète, parles-en à une professionnelle de santé.

Ce qu’on voit de l’extérieur, ce qui se passe dedans

Morgane accompagne les entreprises et les entrepreneurs sur leurs offres, leurs prix, et surtout leur chiffre d’affaires. La procrastination, elle la retrouve énormément sur un sujet : la prospection et la vente.

Elle voit des personnes tétanisées à l’idée d’envoyer ne serait-ce qu’un mail de prospection, ou qui ne postent jamais parce qu’elles ont peur de montrer leur visage. Elles ont complètement le temps de le faire. Elles remettent quand même.

De l’extérieur, la personne a l’air super à l’aise (moi aussi, en live, j’ai cette image-là, alors que je suis hyper stressée). À l’intérieur, comme dit Morgane, « elle est fracassée ». Elle le fait une fois, deux fois, et la troisième fois, elle ne le fait plus.

Et le corps parle quand même. Morgane décrit des personnes qui deviennent rouges au niveau du cou, avec des plaques de stress. D’autres qui parlent très bien le français et qui se mettent à bégayer : « tout à coup, tu te dis, mais quelle langue elle parle ».

Et elle répète aux personnes qu’elle accompagne d’arrêter de se faire violence. Quand le problème de départ reste là, se faire violence en boucle, le cerveau ne comprend plus.

Les 5 types de procrastination en bref

Les cinq types de procrastination les plus fréquents sont la procrastination par immobilité, la procrastination perfectionniste, la procrastination par suractivité, la procrastination émotionnelle et la procrastination par recherche de soulagement. Elles se mélangent souvent et ne forment pas des catégories rigides. Chacune montre une façon dont le corps évite une tâche qui lui coûte.

La procrastination par immobilité

Tu as une tâche, tu la regardes, tu sais qu’elle existe, et tu n’arrives pas à faire le premier geste. L’écran reste ouvert, le temps passe et rien ne se passe. Le corps peut sembler lourd, ou à la limite absent.

La procrastination perfectionniste

Celle que je connais le mieux. Tu veux tellement bien faire que commencer quoi que ce soit devient risqué. Si le résultat doit être impeccable, tu n’arrives jamais au résultat que tu veux. Alors tu attends, tu règles les petits détails pas parfaits. Et pendant ce temps-là, tu évites la peur de l’erreur ou du jugement : montrer quelque chose d’imparfait, et être jugée pour ça.

Il y a quelques années, je ne dormais pas si une faute de frappe sortait. Souvent d’ailleurs, rien ne sortait, justement parce que j’avais peur de la faire. Aujourd’hui, je publie parfois avec une faute de frappe quelconque, et ça ne me dérange pas du tout.

Pendant le Live, on en a ri ensemble : on peut relire un texte 120 fois, il reste toujours une faute. Avant, ça bloquait tout. Maintenant : « vas-y, c’est sorti, c’est sorti ».

Je coince encore de temps en temps (les petites vidéos de Substack, où je suis sûre de faire des têtes pas possibles). Mais c’est justement parce que ce blocage a lâché que je suis là, en live, sur internet, en train de dire des conneries, en sachant que ça ne va plus jamais disparaître.

La procrastination par suractivité

Une des miennes aussi. Tu t’occupes toute la journée. Tu réponds, tu ranges, tu prépares, tu aides, tu nettoies l’évier jusqu’à ce qu’il soit parfait, et tu ajoutes toujours des tâches. Mais avec tout ça, tu évites la tâche qui demande le plus de présence, celle qui compte le plus pour toi à ce moment-là.

Tu es en train d’éviter une tâche avec un tas de tâches.

(Pour l’évier, chez moi, ça a changé : aujourd’hui, le nettoyer est devenu très satisfaisant. J’aime bien le laisser parfait.) Pendant le Live, Morgane s’est beaucoup reconnue dans ce « j’en fais trop ».

La procrastination émotionnelle

La tâche déclenche une émotion que tu n’as pas envie d’avoir : la honte, la peur, la colère, la déception, la peur d’être jugée, la tristesse. Alors tu repousses la tâche, et avec elle ce qu’elle risque de te faire ressentir.

Je le dis beaucoup en séance : les émotions sont là pour être senties, et souvent pour être senties jusqu’à la fin. Quand on les évite, parfois, elles reviennent.

La procrastination par recherche de soulagement

Tu vas vers une tâche plus facile, plus connue ou plus stimulante. Pendant une courte période, la pression diminue. Mais après, la tâche revient. Et quand elle revient et que tu te sens obligée de la faire, elle arrive avec beaucoup plus de culpabilité.

Dans le chat, Christiane s’est surtout reconnue dans ces deux dernières formes. Elle n’est pas la seule.


Ce qu’on ne te dit jamais sur la procrastination : ton corps freine avant toi.


Figement, fuite, et un corps qui continue à réagir

Toutes ces formes se combinent. Tu peux rester immobile et, en même temps, éviter en faisant autre chose. L’idée : observer le mécanisme qui se présente chez toi, plutôt que te ranger dans une seule case.

Souvent, c’est lié à la réaction de figement. Éviter une tâche est une forme de fuite. De fuite ou de figement. Et souvent, derrière, il y a des traumatismes. C’est une piste que je retrouve beaucoup, et elle ne vaut pas pour tout le monde.

Morgane le voit aussi. Pour elle, la forme la plus mal comprise est celle du trauma, celle qu’elle ne peut pas faire bouger avec des techniques de vente, parce qu’elle vient de ce que la personne a vécu avant.

Le trauma peut avoir été analysé et le corps continuer à réagir. L’analyse permet de comprendre d’où ça vient ; pour résoudre, ça passe souvent par une solution corporelle. C’est pour ça que beaucoup de mes clientes arrivent en séance en ayant déjà tout essayé, avec toujours quelque chose qui n’est pas encore résolu.

Moi, j’étais terrorisée de poster sur LinkedIn. Alors je ne postais pas. J’ai fait trois constellations familiales et, en même temps, une séance très très longue de Brainspotting. Les deux ensemble ont fait qu’après, j’ai perdu la peur d’y aller. Juste après, je me suis lancée dans le bootcamp LinkedIn où j’ai rencontré Morgane. Substack découle de là aussi.

Une micro-pratique pour sentir où ton corps coince

C’est l’exercice qu’on a fait ensemble à la fin du Live. Il est court, et souvent, il m’aide. Compte deux à cinq minutes.

  1. Choisis une tâche ordinaire que tu repousses en ce moment. Rien de spécial, pas la situation la plus chargée de ta vie. Quelque chose de concret.

  2. Pose les pieds au sol. Sens le contact des pieds avec le sol, puis le contact de ton corps avec la chaise.

  3. Regarde autour de toi, lentement, pour bien t’orienter dans l’espace.

  4. Pense à la tâche choisie. Observe ce qui apparaît en premier : une tension, une agitation, une lourdeur, peut-être une envie de détourner le regard, de la confusion, de l’impatience, l’envie de faire autre chose. Ou peut-être rien de particulier. Juste observer.

  5. Reviens doucement. Regarde autour de toi, sens bien le contact de ton corps avec le sol ou la chaise.

  6. Remarque si quelque chose a changé dans ton corps par rapport à cette tâche, même très légèrement.

Si l’intensité monte (cœur qui s’emballe, souffle qui se bloque, malaise, envie de fuir qui devient forte), arrête-toi là. Regarde la pièce, nomme à voix basse trois objets que tu vois, appuie tes pieds dans le sol. Tu peux reprendre un autre jour avec une tâche plus légère, ou pas du tout.

La version micro-moment, devant l’écran

Trente à soixante secondes. Les pieds au sol, un regard autour de toi, puis tu repères une seule sensation, celle qui arrive en premier quand tu penses à la tâche. Tu ne cherches pas à la changer. Tu la remarques, et tu reviens.

Ce que les participantes ont remarqué

Morgane le faisait pour la première fois : « j’ai trouvé ça dingue ». Ses pieds très lourds au moment de l’ancrage, puis comme des fourmis quand elle a regardé autour d’elle, et une sensation plus légère.

Christiane, dans le chat, s’est sentie plus apaisée, plus légère.

Moi, j’ai senti que mon regard partait. Il fuyait. C’était ma réaction à moi, ce jour-là.

Quand ça passe par le corps, ça peut être désagréable sur le moment. Et parfois, après, ça va mieux, même si c’est juste un tout petit peu. Et si rien de particulier n’apparaît, c’est une information aussi.

Je ne vais pas te promettre que tu ne procrastineras plus jamais. Moi, je procrastine encore. L’idée, c’est d’observer ce qui se passe avant le blocage, de reconnaître les formes que prend ta procrastination, et de retrouver progressivement plus de choix dans ta façon d’agir.

Ta mission cette semaine

Une seule fois cette semaine, devant une tâche que tu repousses, fais la version micro-moment. Note la première sensation en un mot, sur un post-it ou dans ton téléphone. Sans rien changer d’autre.

Si ça résonne, dis-moi en commentaire la forme de procrastination que tu reconnais chez toi.

Ce Live était le numéro zéro d’une série de sept sur la procrastination, avec aussi l’explication scientifique. Si une question te vient après le replay, laisse-la en commentaire : on y répondra à la prochaine session.

Pour aller plus loin, j’ai écrit sur ce que la procrastination dit de ton corps : Ce n’est pas de la paresse.

Si tu préfères pratiquer accompagnée plutôt que seule, Bouton OFF est mon offre en ligne. Elle inclut le Q&A, la pratique TRE en groupe et plus encore. Envoie-moi un message pour en savoir plus, ou réserve un appel ici.

Raquel

PS : Je procrastine encore, et ce texte sort peut-être avec une faute de frappe dedans. Je le publie quand même. Raconte-moi en commentaire la tâche que tu repousses le plus en ce moment, j’ai envie de lire la tienne.

Commentaires

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Tout à fait prêt. Qu'avez-vous pour moi ?