Il y a des sujets que je peux expliquer sans réfléchir.
Et puis il y en a d’autres qui me demandent de ralentir, parce que même lorsque j’ai beaucoup travaillé dessus, ils ne restent pas uniquement dans ma tête.
Cette série fait partie de ces sujets-là.
Je l’ai appelée Ne plus tout porter, parce que je vois souvent le même mouvement chez les femmes que j’accompagne : elles ont appris très tôt à s’occuper de ce qui se passait autour d’elles, puis elles ont continué à le faire longtemps après que cela ne soit plus nécessaire.
Elles surveillent les humeurs.
Elles anticipent les réactions.
Elles prennent en charge les problèmes.
Elles restent disponibles.
Et un jour, elles réalisent qu’elles ne savent plus très bien ce qui leur appartient.
Deux expériences qui se rencontrent
Au départ, je pensais travailler sur deux sujets séparés.
D’un côté, les foyers imprévisibles. Ces environnements où l’on ne sait jamais vraiment dans quel état on va retrouver la maison, parce qu’un parent peut être absent, débordé, silencieux, en colère, dépendant ou émotionnellement inaccessible.
De l’autre, le fait de tout porter. La tendance à prendre soin des autres avant soi, à se sentir responsable de leur état, à chercher à éviter les conflits et à maintenir l’équilibre autour de soi.
Plus je lisais, plus je travaillais et plus je voyais mes clientes, plus le lien devenait évident.
La petite fille qui surveille l’ambiance de la maison peut devenir une adulte qui surveille tout le monde autour d’elle.
Elle ne se dit pas forcément :
Je vais prendre la responsabilité de cette personne.
Elle le fait avant même d’avoir formulé la pensée.
Elle entend un changement dans la voix de quelqu’un, elle observe un silence un peu plus long que d’habitude, elle repère une tension dans la pièce et son corps se met déjà à chercher ce qu’il faudrait faire.
C’est rapide.
Souvent, c’est automatique.
Et ce n’est pas toujours visible de l’extérieur.
Certaines femmes deviennent très efficaces. Elles organisent, prévoient, répondent, coordonnent. Les autres les trouvent solides, fiables et capables de tout gérer.
D’autres s’adaptent davantage. Elles ne demandent rien, ne protestent pas, évitent les sujets sensibles et font en sorte de ne pas ajouter de tension.
Les deux peuvent venir d’une même histoire : avoir appris que la sécurité dépendait de sa capacité à sentir ce qui allait se passer avant les autres.
Porter les problèmes des autres peut être une adaptation apprise dans un environnement où il fallait surveiller les humeurs, anticiper les réactions ou maintenir la paix. Ce fonctionnement peut ensuite se poursuivre à l’âge adulte, même lorsque le danger initial n’est plus présent.
Ce que j’entends par codépendance
Je vais parler de codépendance dans cette série, mais pas comme d’un diagnostic ou d’un défaut de caractère.
J’utilise ce mot pour parler d’un fonctionnement dans lequel tu peux te sentir responsable du bien-être des autres, porter leurs émotions et leurs problèmes, chercher à leur plaire, avoir du mal à dire non ou à poser tes limites, jusqu’à ne plus savoir ce que tu veux réellement.
Le mot n’est pas très séduisant. Je te l’accorde.
Et il peut donner l’impression qu’il y aurait quelque chose de défectueux chez toi. Ce n’est pas le regard que je veux poser.
Je préfère partir de cette idée : ce que ton corps a appris pour te protéger peut continuer à fonctionner, même lorsque le contexte a changé.
Cela ne signifie pas que tu es condamnée à répéter ce fonctionnement.
Mais comprendre son origine ne suffit pas toujours à le modifier.
Tu peux savoir que tu n’es pas responsable de l’humeur de ton conjoint et sentir quand même ton ventre se nouer dès qu’il devient silencieux.
Tu peux savoir que tu as le droit de dire non et passer la soirée à culpabiliser après l’avoir fait.
Tu peux avoir compris la parentification, la suradaptation ou la peur du conflit, et continuer à répondre à chaque demande avant même de vérifier si tu as l’énergie de le faire.
La tête comprend. Le corps continue.
Ce qui va se passer pendant la série
Pendant 30 semaines, nous allons avancer à partir de situations concrètes.
Nous regarderons ce qui se passe lorsque tu dois poser une limite, recevoir de l’aide, ne pas répondre tout de suite, laisser quelqu’un être déçu ou cesser de résoudre un problème qui ne t’appartient pas.
Les articles serviront à mettre des mots sur les mécanismes.
Les lives serviront à expérimenter.
Chaque live proposera une pratique corporelle autour d’un problème précis. L’objectif ne sera pas de te demander de fermer les yeux, de respirer profondément et de te détendre coûte que coûte. Ce serait un peu court, surtout lorsque ton corps est déjà en train de scanner la pièce pour vérifier que tout va bien.
Nous chercherons plutôt à observer ce qui se passe, à trouver un appui suffisamment stable et à laisser apparaître une autre possibilité, sans forcer.
Les lives seront gratuits et ouverts à toutes.
Les replays, le journal Ne plus tout porter, les protocoles et les ressources complémentaires seront accessibles aux Membres.
Le journal contiendra un exercice par semaine. Tu pourras y noter ce que tu remarques dans ton corps, les situations qui activent ton réflexe de prise en charge et les petits changements qui apparaissent au fil du temps.
Certains thèmes, comme l’enfant intérieur ou la figure maternelle, seront proposés dans un espace plus restreint. Ces sujets peuvent toucher des endroits sensibles et demandent un cadre qui me permette d’être davantage présente au groupe.
Tu veux suivre la série avec un fil conducteur concret ? Le journal Ne plus tout porter, 30 semaines rassemble un exercice par semaine, en lien avec les articles, les lives et les pratiques corporelles de la série.
Pourquoi je cherche des invitées
Je ne veux pas que cette série soit composée uniquement d’explications venant de moi.
J’aimerais inviter quelques femmes à partager un morceau de leur histoire dans les prochains lives, parce qu’un témoignage peut parfois faire ce qu’aucune définition ne réussit à faire : permettre à quelqu’un de se reconnaître sans se sentir anormale.
Il ne faudra pas raconter toute ta vie.
Il ne faudra pas avoir une histoire spectaculaire.
Tu pourras parler d’un moment précis, d’une prise de conscience, d’une difficulté à dire non, d’une responsabilité prise trop tôt ou de ce qui a commencé à changer dans ton quotidien.
Et si le sujet est difficile à raconter, cela ne signifie pas que tu n’es pas prête. Cela signifie peut-être seulement qu’il faudra prendre le temps de préparer la conversation.
Les places seront limitées et réservées aux personnes abonnées à Substack, gratuitement ou en tant que Membres.
Nous préparerons l’échange ensemble, en décidant de ce qui peut être abordé et de ce qui ne le sera pas. L’anonymat sera possible, avec une participation sans caméra ou sous forme d’article totalement anonymisé.
Tu valideras le contenu avant toute diffusion.
Rien ne sortira sans ton accord.
Ce ne sera pas une thérapie en public. Ce sera une conversation cadrée, avec une vraie possibilité de ralentir ou de s’arrêter.
Si tu as envie d’en parler, tu peux répondre à cet email ou m’écrire directement.
Je lis chaque message. Et je t’enverrai le lien pour prendre rendez-vous pour que nous puissions faire connaissance, parler de ce que tu aimerais partager et préparer l’échange ensemble.
Tu apaises la surface, et la tension revient toujours. En devenant membre, tu vas plus profond : les protocoles somatiques et les audios, le mini-cours TRE pour commencer à ton rythme, l’archive complète des articles, et chaque mois une session de pratique TRE et un Q&A en direct, où j’adapte les exercices à ton système en temps réel.
La série commence le 6 octobre
La série commencera le mardi 6 octobre.
Tu peux suivre les articles gratuitement et participer aux lives ouverts. Si tu es déjà Membre, tu n’as rien à faire de particulier. Tu peux simplement venir participer si tu en as envie et retrouver les ressources dans ton espace.
Je ne sais pas encore exactement tout ce que cette série va déplacer.
Je sais en revanche pourquoi j’ai envie de la faire.
Parce que trop de femmes passent leur vie à maintenir les autres à flot et finissent par croire qu’elles sont solides, alors qu’elles sont surtout épuisées.
Parce qu’elles ont souvent déjà compris beaucoup de choses, mais qu’elles n’ont pas encore eu suffisamment d’expériences corporelles où elles n’étaient pas obligées de surveiller, d’anticiper ou de réparer.
Et parce qu’un corps peut apprendre autre chose.
Pas en une fois. Pas sur commande. Mais expérience après expérience.








