Merci Dounia Bouhafs, Amandine, Ella Écrit, d’être là pour ce live avec Christelle Hück et Morgane Zanga ✨!
En France, 34 % des femmes vivent une relation toxique au moins une fois dans leur vie.
Au niveau européen, en Belgique, c’est 43 % des femmes qui sont victimes de violences psychologiques ou de comportements abusifs.
Entre un tiers et la moitié.
Regardez autour de vous.
Ces chiffres sont probablement largement en dessous de la réalité. Parce qu’il y a quelque chose que ces statistiques ne disent pas : la plupart des femmes qui vivent une relation toxique ne le savent pas encore.
26 ans. Et trois ans après pour le réaliser.
Le 15 avril, j’ai invité Christelle Huck en live. Coach et consultante en entreprise, elle accompagne des femmes qui sortent de relations toxiques, professionnelles ou personnelles.
Elle a vécu les deux.
26 ans de relation toxique avec le père de ses enfants. Deux burn-out au travail. Du harcèlement pendant son arrêt.
Elle a quitté son mari. Elle a quitté son entreprise.
Trois ans après sa séparation, elle a enfin réussi à dire :
« C’était une relation toxique. »
Pas pendant. Pas juste après. Trois ans plus tard.
Le déclic : une boîte de champignons moisis
Pendant le confinement, Christelle travaillait de 8h à 20h. Ressources humaines. Trois enfants en CP, sixième, quatrième. Elle les mettait sur leurs visios, puis elle retournait travailler. Le soir, elle suivait sa formation de coach.
Le midi, il fallait préparer à manger rapidement parce que son ex-mari, lui, travaillait physiquement. Il ne s’est jamais arrêté.
Un jour, elle ouvre le frigo. Elle attrape une boîte. Dedans, des champignons moisis.
Elle se retourne pour les jeter à la poubelle.
Il n’y avait pas de sac dans la poubelle.
C’est là que ça s’est déclenché.
« Attends. Ça fait 26 ans que tu te sur-adaptes à tout le monde. »
Le corps avait déjà parlé
Elle ne savait pas encore que c’était une relation toxique.
Mais son corps, lui, savait.
Ça faisait déjà trois ans qu’elle faisait des crises. Tout son corps se mettait à trembler. Sans prévenir. Sans pouvoir contrôler.
Des crises de panique aussi. Elle a cru faire un arrêt cardiaque. Elle est partie aux urgences une cinquantaine de fois. La première fois, elle s’est dit qu’elle ne reverrait pas ses enfants.
Hyperventilation. Impossibilité de respirer.
Le jour où elle est partie, elle a dit à son ex-mari : « Je t’aime, mais mon corps me dit qu’il faut que j’arrête. Donc je l’écoute, pour une fois. »
Après le départ, le corps s’effondre
Elle pensait qu’une fois partie, ça irait mieux.
Matériellement, ce n’était pas compliqué. C’était elle qui gérait tout. Les enfants, les finances, la maison. Elle gagnait deux fois ce que gagnait son mari.
Elle s’est dit : « Je vais gérer. Ça va aller mieux. »
Ça n’est pas allé mieux tout de suite.
Parce qu’à partir du moment où on part, c’est là que le corps réalise qu’on commence à l’écouter. Et c’est là qu’il lâche.
Plusieurs mois assise dans son canapé, allongée. Incapable de manger. Incapable de respirer.
Elle chantait dans un groupe de rock. Impossible de continuer. Elle ne pouvait plus respirer.
« Je me disais : ce n’est pas possible, tu es partie pour aller mieux et c’est de pire en pire, tu vas de moins en moins bien. »
Le corps évacuait toute la pression accumulée pendant 26 ans.
Pourquoi c’est si difficile à voir
Christelle a mis trois ans après sa séparation pour réussir à écrire le mot « relation toxique ».
Pas par manque de lucidité. Par protection.
Dans une relation toxique, on signe une espèce de pacte avec l’autre. On protège son image. Parce que pour lui, il n’y a que ça qui compte : son image.
Ces personnes ont deux visages.
En société, elles sont extraordinaires. Séduisantes. Sympathiques. Le gendre idéal. La belle-fille idéale. Tout le monde vous envie.
À la maison, c’est différent.
Et comme tout le monde voit le visage de société, personne ne comprend. « Tu as de la chance d’être avec elle. Pourquoi tu n’as pas l’air contente ? C’est toi qui as un problème. »
À l’intérieur aussi, ces personnes te font douter constamment de toi.
Tu es dans un brouillard permanent. Surchargée de boulot au travail, surchargée de tâches ménagères à la maison. Tu n’as plus aucune capacité à prendre du recul.
Tu es coupée de tes ressentis. Tu ne sais même pas si tu as des besoins, parce que tu t’occupes tout le temps de ceux des autres.
Tu n’es plus connectée à tes émotions. Tu n’es plus connectée à ton corps. Tu es dans ta tête, dans un brouhaha permanent.
Et c’est impossible de faire la part des choses.
Le travail aussi
Après la séparation personnelle, Christelle a vécu deux burn-out au travail. Du harcèlement pendant son arrêt.
Au bout d’un moment, elle s’est dit : « Stop. Ça suffit. Je vais sauver ma peau. »
Elle est partie.
Même scénario. Elle pensait qu’une fois partie, ça irait mieux.
Plusieurs mois allongée. Pression dans la tête. Elle a dû passer un IRM parce qu’elle avait l’impression que sa tête allait éclater dans les jugulaires. « Je vais faire un AVC, ce n’est pas possible. »
Toute la pression qu’elle avait supportée et intégrée pendant toutes ces années, il fallait qu’elle sorte. Le corps devait retrouver son homéostasie.
Il était perdu. Il n’y avait plus de pression extérieure. Du coup, il en créait à l’intérieur pour retrouver son équilibre.
Ce qu’elle fait maintenant
Elle a déménagé. Elle a acheté une maison dans un cocon de verdure, au bord de la Dordogne.
Elle écoute les messages de son corps. H24. À chaque minute. Même quand elle ouvre son frigo, elle scanne : « De quoi j’ai besoin ? De quoi j’ai envie ? »
Elle s’est formée à l’EFT. Elle a une routine énergétique qu’elle fait tous les matins avant de travailler.
Elle fait hyper attention à la qualité de son sommeil.
Elle marche. Elle nage. Elle se nettoie énergétiquement.
Mais le plus significatif, c’est qu’elle sait maintenant de quoi elle a besoin. Elle connaît ses valeurs. Elle connaît ses limites.
Et comme elle les connaît, elle arrive à les exprimer. Et à les faire respecter.
Elle sait ce qu’elle veut. Et surtout, ce qu’elle ne veut plus.
Ce qu’elle dit à celles qui vivent ça
« Ne restez pas seule. »
Ça peut être un ami. Un thérapeute. Un coach. Dans le cadre du travail, le médecin du travail, un psychologue du travail, une assistante sociale, les RH si c’est possible.
Il y a normalement des personnes ressources autour de vous.
La première chose, c’est d’aller en parler. Pour se dire : « Non, je ne suis pas folle. Non, ce n’est pas moi qui déconne. Ce n’est pas normal de vivre ce que je vis. »
Christelle dit qu’elle aurait gagné 5 ans et 30 000 euros si elle s’était fait accompagner individuellement dès le début. Entre toutes les thérapies non remboursées, les compléments alimentaires, les formations pour comprendre et trouver des outils.
Quelqu’un qui connaît déjà, qui est déjà passé par là, fait gagner beaucoup de temps.
Ta mission cette semaine
Si tu te reconnais dans ce récit, ou si tu connais quelqu’un qui vit ça : ne reste pas seule.
Un message. Un appel. Une prise de rendez-vous.
Le premier pas, c’est de nommer ce qui se passe.
J’ai publié une série complète d’articles sur les relations toxiques, avec des ressources pour comprendre ce que le système nerveux traverse dans ces situations :
→ Série Relations toxiques
Christelle Huck accompagne des femmes qui sortent de relations toxiques, personnelles ou professionnelles :
→ www.christellehuck.fr
Dounia Bouhafs, qui était dans le public pendant le live, a écrit un article très complet sur le harcèlement au travail :
→ Comprendre le harcèlement
PS : Si tu es sortie d’une relation toxique, dis-moi en commentaire combien de temps il t’a fallu pour réaliser que c’était toxique. Christelle a mis 3 ans après sa séparation. Tu n’es pas seule.













