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Transcription

"Ça aurait pu être pire." C'est peut-être ça le problème.

Ce que le trauma de négligence laisse dans le corps, et pourquoi minimiser empêche d'avancer.

Le trauma de négligence est-il moins grave que le trauma avec violence ?

Non. L'absence de sécurité, de présence émotionnelle ou de stabilité dans l'enfance laisse les mêmes empreintes dans le système nerveux qu'un traumatisme visible. Le corps ne distingue pas les formes. Il enregistre l'état.

“De quoi je me plains ?”

Cette phrase, je l’entends régulièrement. Pas au début d’une conversation. Souvent au milieu, quand quelque chose commence à se déposer.

Deux burn-out. Des années d’hypervigilance. Une incapacité à se reposer sans culpabiliser. Et quelque part, toujours cette pensée : il n’y a pas eu de coups, pas d’abus, pas de maltraitance visible. Donc.

Donc quoi, exactement.

Quand il ne s’est rien passé

Il y a un type de trauma qu’on connaît mal. Pas parce qu’il est rare. Parce qu’il ne laisse pas de traces visibles.

Le trauma de négligence, c’est quand il ne s’est rien passé.

Pas un événement à nommer. Pas une scène précise à raconter. Juste une absence répétée. Un parent qui n’était pas là émotionnellement. Une maison où on ne savait jamais ce qu’on allait trouver en rentrant. Une enfance portée trop tôt, parce que personne d’autre ne pouvait la porter.

Le système nerveux, lui, ne distingue pas les formes. Il enregistre l’état.

Et l’état, c’était : pas de sécurité.

Deux histoires, une même racine

Le 30 avril, j’ai invité Morgane Zanga ✨ et Magali Kuneben en live.

Morgane accompagne des entreprises dans leur stratégie commerciale. Sa mère est tombée malade il y a 13 ans. Du jour au lendemain, c’est elle qui a tout géré : les impôts, son frère, les hospitalisations, son père. L’entreprise en parallèle.

Elle ne s’en était pas rendu compte.

“On m’a dit : Morgane, ce n’est pas normal. Et il m’a fallu 13 ans pour le réaliser.”

Magali est coach et thérapeute. Elle a 59 ans, est HPI. Son père était alcoolique. Pas violent. Juste absent dans un sens très précis : on ne savait jamais dans quel état il allait rentrer, ni à quelle heure, ni si un appel de la police allait tomber en pleine nuit.

“L’hypervigilance, moi c’est quelque chose que je connais bien. C’est rentrer chez soi et ne jamais savoir à quoi s’attendre.”

Le lendemain matin, l’école. Comme si de rien n’était.

La culpabilité qui s’ajoute à la souffrance

Il y a quelque chose de particulier dans le trauma sans violence visible.

On sait qu’il y a plus grave. On se le dit. Ça aurait pu être pire. Mon père ne frappait pas. Mes parents étaient là. On avait à manger.

Cette phrase protège à court terme. Elle empêche d’avancer à long terme.

Parce que la souffrance ne se compare pas. Le système nerveux ne fait pas une échelle des pires enfances possibles avant de décider s’il reste en alerte. Il réagit à ce qu’il a vécu, dans ses conditions, avec ce qu’il avait.

Et la culpabilité de souffrir sans “raison suffisante” s’ajoute à la souffrance.

C’est souvent là que les femmes restent bloquées le plus longtemps.

Quand le corps finit par parler

Magali a consulté pour la première fois à 25 ans. Elle savait que quelque chose n’allait pas.

Elle a fait une psychothérapie classique. Puis une psychanalyse. “En étant HPI, c’est le bonheur : on fait de la branlette intellectuelle. Mais rien n’avance.”

Puis les TCC. Ça l’a aidée à aller moins mal. Pas à aller bien.

Puis le premier burn-out.

Elle a rationalisé. Changé ce qui pouvait être changé. Repris.

Puis le deuxième.

“Le corps, il est magnifique. Quand tu donnes tout ce que tu as et aussi ce que tu n’as pas, à un moment donné, c’est trop.”

Le premier burn-out, c’était le corps qui signalait. Le deuxième, c’était le corps qui s’arrêtait.

La différence entre les deux : qu’elle n’avait pas entendu le premier.

La ménopause et la mémoire traumatique

Ce qui se passe souvent autour de la cinquantaine, et qu’on sous-estime : la mémoire traumatique commence à remonter.

Pas par hasard. C’est hormonal.

Pendant des décennies, le corps protège. Les hormones jouent un rôle dans cette protection : tant que la reproduction est possible, le système gère. Quand les hormones changent, les barrières sautent.

Ce que beaucoup de femmes vivent pendant la pré-ménopause ou la ménopause ressemble de très près aux symptômes du TDAH : concentration difficile, mémoire qui flanche, pensées qui s’emballent. En partie parce que la progestérone chute. En partie parce que ce qui était contenu commence à circuler.

La ménopause n’est pas seulement une transition hormonale. C’est souvent le moment où le corps dit : maintenant, c’est le moment.

Ce qui change avec le travail somatique

Magali a travaillé avec un thérapeute formé au TRE. Puis elle a rejoint le cercle premium.

“Ça m’a permis de comprendre que les tremblements sont une réaction normale. De laisser faire, sans avoir peur.”

Elle fait la pratique de 3 minutes au lit, entre se brosser les dents et dormir. Elle lance son application de cohérence cardiaque en même temps.

Ce qu’elle a observé : une capacité de concentration qu’elle n’avait plus depuis l’adolescence. Des émotions qu’elle comprend maintenant au lieu de les subir. Des jours où elle va vraiment bien, et plus seulement moins mal.

“Je me sens vivante de l’intérieur, au lieu d’être vivante à l’extérieur en m’agitant.”

Le trauma de négligence ne disparaît pas. Il s’intègre. Les couches ne s’effacent pas, elles pèsent moins. Le quotidien change en premier.

Ta mission cette semaine

Une seule chose.

La prochaine fois que tu te surprends à penser “de quoi je me plains”, remarque-le. Juste remarquer.

Pas pour le corriger. Pour observer que cette phrase arrive. Qu’elle arrive vite. Qu’elle coupe quelque chose avant que ça ait le temps d’exister.

C’est un premier pas.

PS : Si tu te reconnais dans “de quoi je me plains”, dis-moi en commentaire. Morgane et Magali lisent aussi.

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Commentaires

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Tout à fait prêt. Qu'avez-vous pour moi ?