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TRE, Somatic Experiencing, Brainspotting. Quelle différence, et par où commencer.

Un guide pour comprendre les trois approches somatiques que j'utilise, et comment les intégrer au quotidien.

On a compris. On a analysé. On a parfois pardonné.

Et il y a encore quelque chose là. Dans les épaules. Dans le ventre. Dans cette tension qui ne lâche pas malgré tout le travail cognitif déjà fait.

Ce n’est pas un échec. C’est un signal : le reste du travail ne passe pas par la tête.

Trois approches que j’utilise avec mes clientes permettent de faire ce que la compréhension seule ne fait pas : compléter ce que le corps n’a pas pu achever.

Ce qu’elles ont en commun

Avant de les distinguer, ce qui les relie.

Toutes trois partent du même principe : le trauma n’est pas dans l’événement. Il est dans ce que le corps n’a pas pu terminer.

Quand on a dû se retenir. Se conformer. Masquer. Sourire alors qu’on voulait partir. Rester sans bouger alors que tout le corps voulait agir.

Ces réactions inachevées restent stockées dans les tissus, dans le système nerveux, dans les muscles.

Parler permet de comprendre. Ces trois approches permettent de décharger.

Et aucune des trois ne demande de revivre le passé.

Le TRE : le tremblement comme décharge naturelle

TRE signifie Tension and Trauma Releasing Exercises. C’est la technique que je présente en premier avec mes clientes, parce qu’elle est simple, rapide, et qu’on peut la pratiquer de façon autonome.

Le principe : activer intentionnellement un réflexe que le corps connaît déjà. Le tremblement neurogénique.

Quand un animal échappe à un prédateur, il tremble. Pendant quelques minutes. Puis il repart comme si rien ne s’était passé. Ce tremblement, c’est la décharge de toute l’énergie mobilisée pour la survie.

Nous aussi, on a ce réflexe. On l’a simplement appris à bloquer, parce que dans notre société, trembler ressemble à une faiblesse.

Avec le TRE, on fait une série d’exercices doux pour provoquer une tension musculaire, de façon à que le corps retrouve ce mouvement instinctif de relâchement. Les tremblements qui viennent sont involontaires. Ils viennent de l’intérieur. On peut les arrêter à tout moment.

Mini-cours de TREmblements

Ce qu’on peut sentir pendant : chaleur, frissons, bâillements, détente profonde. Ou juste des tremblements, sans rien de spectaculaire.

Particulièrement adapté à : la tension musculaire persistante, le stress chronique, l’épuisement, le sommeil non réparateur, la sensation d’être bloquée physiquement.

Ce qu’on observe avec le temps : diminution de l’anxiété, relâchement musculaire, meilleure qualité de sommeil, stabilité émotionnelle, clarté mentale. Et la capacité de se réguler seule, à la demande.

Le Somatic Experiencing : écouter ce que le corps veut faire

Le Somatic Experiencing (SE) repose sur une écoute très fine des micro-mouvements, des sensations, des impulsions que le corps a envie de faire mais qu’il a retenu.

Pas besoin de raconter. Pas besoin de revivre. Juste observer ce qui se passe dans le corps, et l’accompagner.

En maintenant l’attention sur les sensations, on permet au système nerveux de compléter en douceur ce qu’il n’avait pas pu terminer. Par petites vagues. Progressivement. Ce que ça produit : frissons, soupirs, chaleur, parfois des larmes, parfois un tremblement, parfois une détente profonde sans rien de visible.

Le SE est la technique que je glisse partout dans mon travail. Elle s’intègre dans le TRE, dans le Brainspotting, dans les exercices en autonomie.

Audios Somatic Experiencing

Particulièrement adapté à : l’hypervigilance, l’anxiété chronique, les états de figement (difficulté à agir, à choisir, à ressentir), les émotions intenses difficiles à réguler, le besoin profond de retrouver une sécurité intérieure.

Ce qu’on observe avec le temps : apaisement de l’anxiété, amélioration du sommeil et de la concentration, sensation de stabilité et de présence, réduction des douleurs chroniques. Et surtout : le corps devient un lieu sûr.

Le Brainspotting : là où tu regardes affecte ce que tu ressens

Le Brainspotting est la technique que j’ai commencée en dernier. Celle dans laquelle je suis maintenant complètement investie.

Le principe est d’une simplicité déconcertante : là où on regarde affecte ce qu’on ressent.

Certaines positions oculaires activent des zones du cerveau où sont ancrées des émotions et des mémoires implicites. En repérant un point visuel lié à une activation émotionnelle, on accède directement à ces zones profondes, sans passer par les mots.

Ce qui rend le Brainspotting particulièrement puissant : il n’y a aucun besoin de parler, ni de revivre quoi que ce soit. C’est particulièrement utile pour la honte, qui arrive plus souvent qu’on veut l’admettre, et qu’on ne sait parfois même pas qu’on a. On n’a pas besoin de la nommer. Le corps la traite quand même.

C’est doux, souvent silencieux, et très rapide par rapport à d’autres techniques.

Je ne le propose pas en pratique autonome : je préfère l’accompagner sans enregistrer. Mais en séance, les effets sont souvent spectaculaires.

Pour ma part, mon niveau de concentration n’avait plus été aussi élevé depuis l’adolescence. Des traits autistiques se sont dissipés. Je me sens beaucoup plus créative et stable. C’est le Brainspotting.

Particulièrement adapté à : les traumatismes relationnels, les blocages émotionnels résistants aux mots, la honte, le sentiment de tourner en rond malgré un long travail thérapeutique, le stress post-traumatique, l’optimisation de la performance créative ou professionnelle.

Ce qu’on observe avec le temps : apaisement rapide des émotions intenses, réduction des schémas répétitifs, cohérence entre pensée, émotion et corps, clarté intérieure, fluidité dans l’action.

Comment les choisir et les combiner

Il n’y a pas de hiérarchie entre ces trois approches. Elles se complètent.

Je commence souvent par le TRE parce qu’il permet de se familiariser avec les réactions étranges du corps, avant d’aller plus loin. Ensuite, le SE s’intègre naturellement dans tout le reste. Le Brainspotting vient en séance accompagnée, pour aller chercher ce qui résiste.

La question n’est pas de choisir. C’est de commencer quelque part.

Une micro-pratique pour tout de suite

Avant de terminer, un exercice d’ancrage sensoriel à faire n’importe où, en deux minutes.

Regarder autour de soi et nommer mentalement (ou à voix basse) :

  • 5 choses qu’on voit

  • 4 sons qu’on entend

  • 3 choses qu’on peut toucher (texture, température)

  • 2 choses qu’on peut sentir

  • 1 chose qu’on peut goûter (réelle ou imaginée)

Si l’intensité augmente à tout moment : poser les pieds au sol, sentir le contact, respirer doucement. Et s’arrêter.

Cet exercice ramène l’attention dans l’ici et maintenant. Il apaise l’hypervigilance et diminue l’activation du système nerveux.

Ta mission cette semaine

Glisse une chose. Une seule.

Le matin en attendant que le café soit prêt. À midi entre deux tâches. Le soir avant de dormir.

Cinq respirations par le nez. Ou les pieds sentis sur le sol. Ou la liste des 5 choses.

Pas une routine. Une habitude glissée dans ce qui existe déjà.

Si tu veux aller plus loin

Voici les deux articles dont je parle dans ce live :

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