Ce n'est pas dans ma tête

Ce n'est pas dans ma tête

Corps figé, cerveau en alerte

Le protocole pour naviguer le freeze + hypervigilance, même quand c’est ancré profondément.

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Raquel Devillé
mai 21, 2026
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Il y a des états où ton corps et ton cerveau partent dans des directions opposées. Ton corps : statue. Ton cerveau : radar qui scanne tout, sans jamais s’arrêter.

C’est l’état mixte le plus épuisant que j’accompagne. Et l’un des plus mal compris.

Aujourd’hui, je partage avec toi le protocole que j’utilise souvent avec mes clientes pour naviguer le freeze + hypervigilance. Un état qui survient souvent après un stress intense, et qui, dans certains cas, est ancré si profondément qu’il nécessite un travail en deux temps.

Ce qu’il te faut :
→ 25-35 min devant toi
→ un espace où tu peux rester assise ou au sol si besoin
→ de la patience. Cet état ne se débloque pas en 5 min.

⚠️ Si tu as des antécédents de trauma sévère ou de dissociation forte, pratique ce protocole en accompagnement thérapeutique d’abord.

Ici, chaque semaine des ressources concrètes sur la régulation du système nerveux. Pour ne plus survivre en mode survie. Sans tout remettre en question. Sans ajouter encore une chose à ta liste.


Le cas

Une jeune femme de 20 ans ne peut pas sortir d’une voiture sur le parking d’un gymnase. Son corps refuse. Ses jambes ne bougent pas. Sa mère l’attend dehors, sans pression. Elle rentre à la maison sans être descendue du siège.

Elle arrive dans mon cabinet quelques jours après. En mutisme total. Aucune parole, aucun geste. Un corps figé dans lequel quelque chose scanne en permanence. Parce qu’elle a grandi dans une atmosphère familiale très difficile. Parce que son système nerveux a appris, très tôt, à se figer pour survivre, tout en restant en alerte maximale pour anticiper le danger.

Freeze profond. Hypervigilance chronique. Les deux en même temps.

J’ai adapté tout mon cadre : communication par sa mère, schémas visuels, réponses par doigt levé ou feuille écrite. Jamais de parole attendue. Et surtout : j’ai commencé par le travail systémique (constellation familiale) avant d’entrer dans le travail somatique. Parce que son corps ne pouvait pas commencer à se libérer tant que le champ familial n’était pas suffisamment dégagé.

Le tournant : elle a retiré officiellement son deuxième prénom, lié à une perte familiale qui précédait sa naissance. Elle ne parlait pas. Mais elle a signé ça.

Après ça, les premières micro-réactions corporelles sont apparues en Brainspotting (Rolling, puis One Eye avec musique bilatérale). Légères. Mais présentes.

Quelques semaines plus tard, elle a pris le train seule pour rencontrer quelqu’un. Crise d’angoisse au départ. Elle y est allée quand même.

“Je suis heureuse de la voir changer, s’épanouir et vivre l’amour.” Message de sa mère.

Ce cas est extrême. Mais il illustre quelque chose que je rencontre dans des formes moins sévères très souvent : un corps figé qui ne peut pas bouger, combiné à un cerveau qui ne peut pas s’arrêter de surveiller.

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