Le rendez-vous médical que tu remets. C'est aussi de la procrastination.
Le même mécanisme nerveux. Des conséquences qui se creusent différemment.
Tu as entendu parler de procrastination au travail. Le rapport. Le projet. La décision.
Mais il y a un autre type de procrastination qu’on nomme rarement.
Le rendez-vous chez le médecin que tu remets depuis 4 mois. Le bilan sanguin. La séance de kiné. Le retour en thérapie. Le dentiste depuis combien de temps exactement.
C’est la même chose. Même mécanisme. Même honte. Et des conséquences qui se creusent autrement.
La procrastination de soin active le même circuit de menace perçue que la procrastination de performance. Le système nerveux ne distingue pas “je dois finir ce rapport” de “je dois appeler le cabinet médical”. Dans les deux cas, si la tâche est associée à une menace, il cherche à l’éviter. Ce qui diffère : la nature de la menace, et ce qu’elle coûte dans le temps.
Ce qu’elles ont en commun
Les deux s’alimentent de la même façon.
La tâche génère une résistance. Tu l’évites. Le soulagement est immédiat. La résistance à la prochaine tentative est plus forte. La honte s’accumule.
Le cycle se resserre à chaque tour, que la tâche soit un email difficile ou un numéro de cabinet médical.
Et dans les deux cas, la honte aggrave le cycle. Les recherches de Fuschia Sirois l’ont montré aussi pour les soins de santé : la culpabilité liée au fait de ne pas prendre soin de soi augmente l’évitement futur. Pas l’action.
Ce qui les distingue
La procrastination de performance a une menace principale : l’enjeu de la tâche, la peur de l’échec, le jugement possible.
La procrastination de soin en a plusieurs, empilées.
La vulnérabilité de demander de l’aide. Admettre qu’on ne va pas bien, qu’on a besoin de quelqu’un, que le corps a quelque chose à dire : pour les femmes qui ont appris à porter tout le monde, c’est une menace en soi.
La vulnérabilité du diagnostic possible. Tant que le rendez-vous n’a pas eu lieu, la réponse n’existe pas encore. Le corps préfère parfois l’incertitude à la confirmation d’une réalité difficile.
La mémoire des soins passés. Pour beaucoup de femmes hypersensibles ou neurodivergentes, les consultations médicales ont une histoire : avoir été minimisée, mal diagnostiquée, comprise à moitié. Le corps a appris que les soins ne sont pas toujours sûrs. La résistance qui suit n’est pas de l’irresponsabilité. C’est de la protection.
Pour les femmes qui masquent : une consultation exige souvent d’expliquer son fonctionnement à quelqu’un qui ne le connaît pas. C’est une dépense d’énergie réelle avant même d’entrer dans le cabinet.
Ce que ça coûte différemment
La procrastination au travail coûte du retard, du stress, parfois des opportunités manquées. Ces coûts sont réels. Ils sont aussi souvent rattrapables.
La procrastination de soin se compound autrement.
Un suivi dentaire remis 8 mois coûte plus cher que s’il avait été fait à temps. Un symptôme ignoré 6 mois peut nécessiter un traitement plus lourd qu’en suivi précoce. Une thérapie reportée d’un an est un an de plus dans le même état.
Ce n’est pas dit pour culpabiliser. C’est dit parce que la logique de l’évitement ne change pas même quand les conséquences s’accumulent. Et que cette accumulation silencieuse mérite d’être nommée.
Ce qui aide pour les soins
La même base : réduire la menace perçue avant l’action. Pas forcer l’action.
Mais l’approche doit tenir compte de la couche supplémentaire : la vulnérabilité du corps lui-même.
Micro-pratique : le premier pas seulement (3 minutes)
Identifie le soin que tu remets. Réduis l’action à son premier pas le plus petit possible. Pas “prendre le rendez-vous”. Juste “trouver le numéro de téléphone”. Pas “aller en séance”. Juste “rouvrir le message du thérapeute”.
Nomme le premier pas en une phrase courte. Pas l’objectif final. Le premier geste.
Observe ce que ça génère dans ton corps. Où est la résistance ? Gorge, ventre, poitrine ?
Pose une main là. Expire lentement. Dis à voix basse : “Ce soin est pour moi.”
Fais uniquement le premier pas. Pas le deuxième. Juste le premier.
Si tu sens une intensité forte monter, arrête-toi. Ce n’est pas le moment de forcer. C’est le moment de noter que la résistance est réelle et de l’amener en séance si elle persiste.
Version micro-moment (60 secondes) :
Une expiration + “ce soin est pour moi” + un seul geste.
Ce que beaucoup de clientes observent
La résistance aux soins diminue souvent en parallèle du travail somatique sur la procrastination en général. Quand le système nerveux apprend que demander de l’aide n’est pas une menace à la survie, les rendez-vous médicaux deviennent plus accessibles.
Pas tous. Pas toujours. Mais plus souvent.
Ta mission cette semaine
Un soin que tu remets. Un seul premier pas.
Pas l’objectif entier. Le premier geste le plus petit possible.
Ça te parle ? Dis-moi en commentaire le type de soin que tu remets le plus souvent. Je lis chaque réponse.
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PS 1. J’insiste, ne procrastine pas et deviens membre, car tu vas me remercier pour toujours pour ces tremblements.
PS 2. Une personne très proche de moi a traîné des années avant de changer de voiture et d'acheter un bureau à hauteur réglable. Elle avait mal au dos. Elle a fini par faire un lumbago. Le corps a tranché à sa façon.


Bravo. Super conseil.