Dans mon cabinet : ces questions que vous me posez le plus souvent
Les réponses que j’aurais aimé avoir quand j’étais de l’autre côté
Depuis que j’accompagne des femmes sensibles et épuisées, certaines questions reviennent sans cesse.
Pas les mêmes mots. Pas les mêmes situations. Mais au fond, les mêmes doutes. Les mêmes peurs. Les mêmes besoins de validation.
Aujourd’hui, je veux y répondre. Publiquement. Parce que si tu te poses ces questions, tu n’es pas seule. Et tu mérites des réponses honnêtes.
Question 1
Combien de temps avant de sentir un changement ?
La vraie question derrière : “Est-ce que je vais rester coincée comme ça pour toujours ?”
Ma réponse :
Ça dépend de tellement de choses. De depuis combien de temps ton système nerveux est en surcharge. De ton environnement actuel. De ta capacité à t’offrir du repos. De ton histoire.
Mais voici ce que je peux te dire :
Les premiers changements sont rapides. Parfois dès la première séance. Pas une guérison complète. Mais un soulagement. Une respiration un peu plus profonde. Une tension qui lâche. La sensation que quelque chose bouge, enfin.
Les changements durables prennent plus de temps. Parce que ton système nerveux a besoin de temps pour réapprendre la sécurité. Pour défaire des patterns installés depuis des années.
Ce n’est pas linéaire. Tu vas avoir des jours meilleurs, puis des rechutes. C’est normal. Ce n’est pas un échec. C’est le chemin.
Témoignage de Marie, 38 ans :
“Après 3 semaines, j’ai senti que mes épaules descendaient enfin. Après 3 mois, je pouvais respirer sans cette boule dans la poitrine. Après 6 mois, je ne me reconnaissais plus - dans le bon sens.”
Question 2
Est-ce normal de me sentir pire au début ?
La vraie question derrière : “Je fais quelque chose de mal ?”
Ma réponse :
Oui. C’est souvent normal. Et non, tu ne fais rien de mal.
Quand tu commences à travailler avec ton corps, tu déverrouilles des choses qui étaient gelées. Des émotions mises de côté. Des sensations que tu avais apprises à ignorer.
Ton corps retrouve sa voix. Et parfois, il crie.
Pendant des années, tu as peut-être fonctionné en mode “tenir le coup”. Tu as compressé. Tu as ignoré. Tu as continué.
Maintenant que tu crées de l’espace pour écouter, tout ce qui était sous pression remonte.
Ce n’est pas une aggravation. C’est une libération.
Mais attention : il y a une différence entre :
L’inconfort de la libération (pleurs, tremblements, fatigue passagère)
La rétraumatisation (sensation d’être submergée, dissociation, panique)
Si tu es dans le deuxième cas, c’est que tu vas trop vite ou trop profond. Tu as besoin de ralentir, d’être accompagnée différemment.
Témoignage de Sophie, 42 ans :
“Les 2 premières semaines, j’ai pleuré tout le temps. Je pensais que ça ne marchait pas. Puis j’ai réalisé que je n’avais pas pleuré depuis 10 ans. Mon corps se permettait enfin.”
Question 3
Comment choisir entre SE, TRE, Brainspotting... ?
La vraie question derrière : “Et si je faisais le mauvais choix ?”
Ma réponse :
Il n’y a pas de “mauvais” choix. Ces approches sont complémentaires, pas en compétition.
Voici comment je les vois :
TRE (Tension & Trauma Releasing Exercises) : parfait si tu as besoin de libérer des tensions physiques, de laisser ton corps trembler, bouger, relâcher. Si tu es dans ta tête et que tu as besoin de revenir dans ton corps.
Somatic Experiencing : idéal si tu veux comprendre comment ton système nerveux fonctionne et apprendre à le réguler progressivement. Si tu as besoin d’une approche douce et titrable.
Brainspotting : puissant si tu as des traumas spécifiques à traiter, des blocages précis. Si les autres approches ne suffisent pas ou si tu veux aller plus profond.
Mon conseil : commence par ce qui résonne le plus avec toi. Écoute ton intuition. Et sache que tu peux combiner plusieurs approches au fil du temps.
Question 4
Est-ce que je peux faire ce travail seule ou j’ai besoin d’une thérapeute ?
La vraie question derrière : “Je n’ai pas les moyens / le temps / l’énergie pour une thérapie.”
Ma réponse :
Tu peux faire beaucoup seule. Cette newsletter, les exercices que je partage, les livres, les ressources en ligne - tout ça peut t’aider.
Mais il y a des moments où l’accompagnement est crucial :
Si tu as vécu des traumas complexes ou sévères
Si tu es en détresse importante
Si tu te sens submergée par les exercices seule
Si tu as besoin d’un témoin pour ton vécu
Si tu tournes en rond depuis longtemps
Un thérapeute formé aux approches somatiques :
Crée un espace sécurisé pour explorer
Régule le rythme pour que tu ne sois pas submergée
Voit ce que tu ne vois pas encore
Te tient la main dans les moments difficiles
Ce n’est pas une question de force ou de faiblesse. C’est une question de ce dont tu as besoin maintenant.
Témoignage de Laura, 35 ans :
“J’ai fait beaucoup seule pendant 2 ans. Ça m’a aidée. Mais quand j’ai commencé à travailler avec Raquel, j’ai débloqué en 3 mois ce que je n’avais pas pu toucher seule en 2 ans.”
Question 5
Que faire quand je me sens déconnectée de mon corps ?
La vraie question derrière : “Je ne sens rien. Je suis cassée ?”
Ma réponse :
Non, tu n’es pas cassée. La déconnexion est une stratégie de survie intelligente.
Quand ressentir était trop douloureux, dangereux ou impossible, ton système nerveux a coupé la connexion. Pour te protéger.
Le problème, c’est que maintenant, même quand c’est sûr, le système reste coupé.
Reconnecter prend du temps. Et ça ne commence pas par “sentir tout intensément”. Ça commence par de toutes petites sensations.
Essaie ceci :
1. Commence par l’extérieur
Sens tes pieds dans tes chaussures
La texture d’un tissu dans ta main
La température de l’air sur ta peau
2. Puis les sensations simples
La faim
La soif
Le besoin d’aller aux toilettes
La fatigue
3. Puis progressivement les sensations émotionnelles
La tension
Le relâchement
L’agitation
Le calme
Ne force pas. N’attends pas de grandes révélations. Juste de petites connexions, progressivement.
Question 6
Pourquoi je retombe toujours dans les mêmes patterns ?
La vraie question derrière : “Je suis nulle, je n’y arriverai jamais.”
Ma réponse :
Tu n’es pas nulle. Ton système nerveux cherche la sécurité dans ce qu’il connaît.
Même si c’est douloureux. Même si ça ne te sert plus. Le familier est perçu comme plus sûr que l’inconnu.
Sortir d’un pattern, ce n’est pas :
Une décision unique
Un coup de volonté
Une révélation magique
C’est :
Des milliers de micro-choix différents
Beaucoup de rechutes (c’est inclus dans le processus)
Un réapprentissage progressif
De la compassion pour toi-même à chaque fois
Chaque fois que tu retombes ET que tu t’en aperçois, tu apprends.
Ce n’est pas un échec. C’est de la pratique.
Témoignage d’Anne, 40 ans :
“J’ai rechuté dans mon pattern de sur-adaptation 47 fois (oui, j’ai compté au début). À la 48e fois, je m’en suis aperçue PENDANT. À la 50e, j’ai pu choisir différemment. Aujourd’hui, ça m’arrive encore, mais c’est de plus en plus rare.”
Ta question n’est pas là ?
Pose-la en commentaire sous cet article.
Je lis chaque question. Et je réponds autant que possible (les abonnées payantes sont prioritaires).
Si beaucoup de personnes posent des questions similaires, je ferai un prochain “Dans Mon Cabinet” pour y répondre.
Parce que tes questions méritent des réponses. Et tu mérites d’être entendue.
P.S. Si cet article t’a aidée, partage-le avec une amie qui pourrait avoir les mêmes doutes. Ces questions, on se les pose toutes. Et il est temps d’y répondre honnêtement.

