Chaque transition te vole 2h. Ce n’est pas ton organisation.
Protocoles adaptés TDAH, TSA et hybride pour arrêter de perdre de l’énergie à chaque changement.
Mettre un load de linge entre deux séances me prend 45 minutes. Pas parce que je suis lente. Parce que mon cerveau ne sait pas quitter un contexte pour en entrer dans un autre.
J’ai longtemps cru que j’étais juste mal organisée.
Aujourd’hui, je partage avec toi les protocoles que j’utilise souvent avec mes clientes pour naviguer les transitions et les changements quand le cerveau est neurodivergent. Parce que chaque changement d’activité, même minuscule, peut coûter une énergie colossale. Et parce qu’il existe des façons de contourner ça qui travaillent avec ton fonctionnement neurologique, pas contre lui.
Ce qu’il te faut pour commencer :
→ une connaissance minimale de tes déclencheurs de dysrégulation lors des transitions
→ la capacité à anticiper, même minimalement
→ si tu n’as pas encore identifié comment les transitions t’affectent, observe pendant 2 semaines avant d’appliquer ces protocoles
⚠️ Ces protocoles sont conçus pour les transitions de la vie quotidienne. Pour les changements majeurs (déménagement, deuil, séparation), ils peuvent aider mais ne remplacent pas un accompagnement thérapeutique en parallèle.
Pourquoi les transitions dysrégulent ton cerveau neurodivergent
Ce que cache une “simple” transition
Une cliente arrive épuisée.
“Je sais que je dois arrêter de travailler à 18h pour préparer le repas. Mais je reste bloquée devant mon écran jusqu’à 20h, puis je suis dans le brouillard pendant une heure avant de pouvoir commencer à cuisiner. On mange à 21h30 et je suis effondrée.”
En explorant son fonctionnement TDAH + autisme (TSA), nous découvrons que chaque transition lui coûte :
45 min de “préparation mentale” (rumination anxieuse avant le changement)
30 min de “période de flou” (incapacité à s’orienter vers la nouvelle activité)
45 min de “réorientation” (temps pour entrer vraiment dans la nouvelle tâche)
2h perdues pour une simple transition travail vers cuisine.
“Je pensais que j’étais juste nulle en organisation. Maintenant je comprends que mon cerveau a besoin d’un protocole précis pour changer d’activité.”
Ce qui se passe dans ton cerveau
Le mécanisme n’est pas un manque de discipline. Il est neurologique.
Avec le TDAH, le cortex préfrontal a du mal à switcher entre tâches. Concrètement :
inertie cognitive : une fois lancée dans une activité, ton cerveau ne peut pas freiner
passer de “rien faire” à “faire” est un gouffre énergétique
tu passes de 0 à 100 ou de 100 à 0, jamais progressivement
tu ne sens pas le temps passer, donc les transitions te surprennent toujours
tu oublies ce que tu devais faire après la transition
Avec le profil autiste, le cerveau a un besoin neurologique de prévisibilité et de patterns. Chaque changement est traité comme une rupture dans l’ordre attendu :
l’imprévu est perçu comme une menace, pas comme un simple changement
une fois un plan mental établi, ton cerveau résiste à l’abandonner
les transitions amplifient la sensibilité sensorielle
ton cerveau a besoin de 3 à 5 fois plus de temps pour intégrer un changement
chaque transition vide la batterie énergétique, même quand elle se passe “bien”
Avec les deux profils en même temps, il y a un conflit interne permanent : le TDAH cherche la nouveauté et s’ennuie de la routine, le TSA a besoin de prévisibilité et résiste aux changements. Cette guerre intérieure épuise avant même que la transition commence.
Pourquoi les conseils classiques échouent
“Prévois des alarmes. Fais des to-do lists. Discipline-toi.”
Ces conseils échouent parce qu’ils ignorent la neurologie :
les alarmes font sursauter (TSA) ou sont ignorées (TDAH)
les to-do lists paralysent (trop de choix) ou sont oubliées
la “discipline” n’est pas un outil disponible quand le déficit exécutif est neurologique
Les protocoles de cet article contournent ces limitations au lieu de lutter contre elles.
Ce que dit la recherche : Russell Barkley (2020) démontre que le coût cognitif d’une transition pour une personne TDAH équivaut à celui d’une tâche complexe pour une personne neurotypique. Barry Prizant (2015) confirme que les transitions non préparées peuvent déclencher une réponse de stress équivalente à une menace physique chez les personnes autistes. Une étude de 2023 (Lawson et al.) révèle que les profils TDAH + TSA ont besoin de 4 à 6 fois plus de temps que les neurotypiques pour se réorienter après un changement imprévu.
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